Partir à l'étranger pendant son apprentissage : durée, convention, salaire et logement

Travailler quelques semaines ou quelques mois dans une entreprise espagnole, allemande ou irlandaise sans rompre son contrat : c'est possible en apprentissage, et le Code du travail l'encadre précisément. Encore faut-il comprendre les deux formules juridiques, qui ne protègent pas de la même façon, et anticiper la question du logement. Voici ce que prévoit la règle, d'après la fiche de Service Public sur le contrat d'apprentissage.
Combien de temps peut-on partir ?
La période à l'étranger ne peut pas dépasser un an, et elle ne peut pas représenter plus de la moitié de la durée totale du contrat. Les deux plafonds se cumulent : c'est le plus contraignant des deux qui s'applique. La fiche de Service Public ne fixe pas de durée minimale, et une mobilité peut être courte.
La mobilité peut se faire dans un pays de l'Union européenne ou en dehors. Elle peut concerner une entreprise d'accueil, un organisme de formation, ou les deux.
Une convention obligatoire
Avant le départ, une convention est signée entre l'apprenti, l'employeur en France, le CFA en France et la ou les structures d'accueil à l'étranger. Elle précise notamment :
- les dates de début et de fin de la mobilité ;
- l'objet de la formation et la nature des tâches confiées, en lien avec le diplôme préparé ;
- les lieux de travail et de formation ;
- les personnes chargées du suivi en France et dans le pays d'accueil ;
- le rythme de travail et les congés ;
- le cas échéant, la prise en charge des frais et la validation des compétences acquises ;
- les règles de santé et de sécurité au travail applicables sur place, et les garanties de responsabilité civile.
Le CFA est en général le point d'entrée : beaucoup ont un référent mobilité, des partenaires à l'étranger et l'expérience des démarches.
Deux formules : mise en veille ou mise à disposition
La mise en veille du contrat
Le contrat français est mis entre parenthèses. Pendant la période à l'étranger, l'entreprise ou l'organisme d'accueil est seul responsable des conditions de travail, qui suivent le droit du pays d'accueil : santé et sécurité, rémunération, durée du travail. Concrètement, la rémunération pendant cette période relève des règles du pays d'accueil et de la structure qui accueille l'apprenti : c'est un point à clarifier dans la convention avant le départ. La question de la protection sociale et de la couverture santé doit être réglée avant le départ.
La mise à disposition
L'entreprise française met l'apprenti temporairement à disposition d'une entreprise ou d'un organisme à l'étranger. Le contrat n'est ni rompu ni suspendu : l'employeur français conserve sa responsabilité, verse la rémunération et maintient la protection sociale de salarié. C'est la formule la plus protectrice pour l'apprenti, mais elle demande plus d'engagement de l'employeur.
| Mise en veille | Mise à disposition | |
|---|---|---|
| Contrat français | Suspendu pendant la mobilité | Maintenu |
| Salaire | Selon les règles du pays d'accueil | Versé par l'employeur français |
| Responsable des conditions de travail | Structure d'accueil | Employeur français (avec la structure d'accueil) |
| Protection sociale | À organiser avant le départ | Celle du salarié en France |
Qui finance ?
Plusieurs sources se combinent, sans qu'aucune ne couvre tout :
- L'OPCO de l'entreprise prend en charge les frais liés à la mobilité internationale des apprentis selon un forfait qu'il détermine, identique pour tous les CFA concernés. C'est prévu par l'article D6332-83 du Code du travail. Le CFA fait la demande.
- Le programme européen Erasmus+ finance des mobilités d'apprenants de l'enseignement et de la formation professionnels, via les établissements qui ont obtenu des financements. Pour la France, l'agence nationale est l'Agence Erasmus+ France Éducation & Formation. Là encore, c'est le CFA qui porte le projet.
- Les régions ont souvent leurs propres aides à la mobilité des jeunes en formation. Les conditions et montants changent d'une région et d'une année à l'autre : le CFA ou le site de la région les indiquent.
- L'employeur, surtout en mise à disposition, puisqu'il continue de verser le salaire.
Se loger à l'étranger
Le logement est souvent le poste le plus lourd et le plus difficile à organiser à distance. Quelques repères :
- Demander d'abord au CFA et à la structure d'accueil : les partenaires habitués à recevoir des apprentis connaissent les résidences, familles d'accueil ou logements partagés.
- Ne rien payer avant d'avoir des garanties sérieuses sur l'existence du logement : les annonces frauduleuses visent aussi les jeunes qui partent à l'étranger.
- Penser au logement en France : faut-il le garder pendant la mobilité ? Un bail meublé classique se résilie avec un préavis d'un mois ; un bail mobilité s'arrête à sa date de fin. Pour une mobilité de quelques semaines, garder son logement est souvent plus simple.
- Prévenir la CAF en cas de départ long : l'aide au logement n'est due que pour une résidence principale en France occupée au moins 8 mois par an.
Les aides françaises au logement (APL, Mobili-Jeune) ne s'appliquent pas à un logement à l'étranger. Elles restent en revanche utiles pour le logement en France avant et après la mobilité : voir le guide du premier logement en alternance.
Préparer son départ en six étapes
- En parler tôt au CFA et à l'employeur, idéalement plusieurs mois avant : les financements Erasmus+ se préparent en amont.
- Choisir la formule (mise en veille ou mise à disposition) avec l'employeur.
- Trouver la structure d'accueil, souvent par le réseau du CFA.
- Signer la convention avec toutes les parties.
- Régler la couverture santé (carte européenne d'assurance maladie pour l'Union européenne, assurance complémentaire si nécessaire) et la responsabilité civile.
- Organiser le logement sur place et en France.
Sources
- Contrat d'apprentissage, rubrique « Le contrat de l'apprenti peut-il être réalisé à l'étranger ? », fiche F2918, Service Public (DILA), vérifiée le 8 septembre 2026.
- Code du travail, articles L6222-42 à L6222-44 (mobilité internationale et européenne des apprentis) et D6332-83 (frais annexes, dont mobilité internationale).
- Agence Erasmus+ France Éducation & Formation, mobilité des apprenants de l'enseignement et de la formation professionnels.
- Aide personnalisée au logement (APL), fiche F12006, Service Public (DILA), vérifiée le 1er juillet 2026.
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